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Loup

 

Pour suivre au mieux le retour du Loup sur notre territoire, le Service Public de Wallonie a créé en 2017 un réseau d'experts venant de différents horizons : le « Réseau Loup ». Celui-ci centralise, analyse et valide tous les indices de présence qui lui sont transmis. Le réseau loup est également la référence pour la communication et les contacts internationaux.

 

La recolonisation du Loup en Europe

 

Le loup a été pourchassé dans toute l’Europe au cours du siècle dernier et a disparu de Belgique voici plus de 100 ans. Malgré cette chasse effrénée, il a réussi à subsister dans quelques régions montagneuses ibériques, italiennes et de l’est de l’Europe.

Légalement protégée en 1979, l’espèce s’est peu à peu déployée à partir de ces foyers pour reconquérir son ancienne aire de distribution. Située entre les populations de l’est (germano-polonaises) et du sud (italo-alpine), la Wallonie est l’une des dernières régions d’Europe à être recolonisée naturellement par le loup.

Les loups qui arrivent en Wallonie sont des individus dits « dispersants », qui ont quitté en solo leur meute d’origine à l’âge de 1 an et demi environ, afin de fonder leur propre meute sur un nouveau territoire. La distance parcourue par un loup dispersant avant de trouver un territoire qui lui convient est très variable. Il peut aussi bien s’établir à côté de sa meute d’origine qu’à des centaines, voire des milliers de kilomètres de celle-ci. Lors de son périple, le loup dispersant peut parcourir jusqu’à 50 km par jour et être observé dans des zones parfois étonnantes (zones urbanisées notamment). Il n’y restera que très temporairement et poursuivra sa route vers des zones plus propices.

La plupart des loups observés en Wallonie sont donc des loups dispersants, repérés 1 fois ou plus dans un secteur avant de reprendre leur route à la recherche d’un territoire [une surfance entre 150 et 300 km3] plus favorable.

loup dispersant décide de s’arrêter dans une région pour s’y installer durablement voire définitivement, une "Zone de Présence Permanente" (ZPP) est définie. Pour cela, il faut que sa présence soit formellement établie depuis au moins 6 mois au moyen des indices recueillis sur un territoire. Ce loup y vivra seul durant une période indéterminée, jusqu’à ce qu’un autre loup dispersant de sexe opposé le rejoigne. De ce couple établi naitront sans doute, l’année suivante, des louveteaux (6 en moyenne). Ce n’est qu’à ce stade qu’on pourra parler de meute.

Les territoires les plus proches occupés par une meute sont ceux des Hautes-Fagnes en Wallonie, de Hechtel-Eksel en Flandre, de la Veluwe aux Pays-Bas et de Schermbeck en Allemagne.

Les indices de présence analysés par le Réseau Loup sur Beauraing et Gedinne

 

En 2023, deux preuves irréfutables de la présence d’un loup ont été recueillies du côté de Willerzie. La première concernait une attaque sur un faon le 17/04/2023, la seconde une photographie prise le 9/5/2023 par une caméra automatique.

Ces deux informations proches de la France ont motivé la mise en place d’un suivi par pièges photographiques avec les collègues de l’Office français de la Biodiversité. Grâce à ces dispositifs judicieusement placés de part et d’autre de la frontière, de nouvelles images de loup ont été captées en 2024 (les 14/4, 23/5, 26/5 et 3/6 côté wallon, et les 11/04, 20/04 et 21/04 côté français).

les communes de Beauraing et de Gedinne, plusieurs autres indices attribuables de manière plus ou moins certaine au loup ont été récoltés en 2024. Ils sont résumés dans l’infographie suivante :

 

Le défi principal du Réseau Loup est actuellement de déterminer si tous ces indices récoltés sont le fait de loup(s) installé(s) ou de loup(s) dispersant(s).

Une Zone de Présence Permanente sera définie dans deux cas de figure :

1) Si l’ADN du loup prélevé sur le faon en avril 2023 correspond à l’ADN récolté sur au moins une des attaques récentes. Des analyses sont en cours pour tenter de répondre à cette question.

=> Cette concordance génétique confirmerait qu’un loup est installé depuis plus de 6 mois dans la zone.

2) Si des preuves que deux loups circulent ensemble sont communiquées au Réseau Loup. Un témoignage visuel datant du 30/05/2024 semble l’indiquer, mais aucune image ne vient malheureusement appuyer l’observation. Des appareils automatiques ont été placés afin de confirmer cette hypothèse et d’écarter, par exemple, celle de la présence de deux chiens-loups.

=> Une image montrant 2 loups signifierait qu’un couple s’est déjà formé dans la zone.

Impact possible sur les proies domestiques

Le loup est avant tout un prédateur de proies sauvages. Dans les Hautes-Fagnes, plus de 97% de son régime alimentaire en est composé (les chevreuils, sangliers et biches ayant sa préférence) mais le risque de prédation sur des animaux domestiques, surtout moutons et chèvres, est bien connu. Les proies domestiques ont beau ne représenter qu’une faible portion de son régime alimentaire, chaque attaque est une attaque de trop.

Il est impératif de décourager le prédateur de s’attaquer aux proies domestiques en lui compliquant la tâche via la protection des troupeaux. Mais ce principe est malheureusement difficile à appliquer pour un loup en dispersion, dont le parcours est par définition imprévisible. Il existe par contre des périodes où la phase de dispersion semble plus intense, soit de janvier à avril et, dans une moindre mesure, en début d’automne.

En raison des attaques répétées dans la région sur une période assez courte, des mesures de protection et d’effarouchement temporaires (filets mobiles électrifiés principalement) ont déjà été proposées par Natagriwal aux éleveurs lésés. Ces filets sont prêtés par le Service Public de Wallonie, en attendant que le loup reprenne sa route s’il s’agit d’un loup dispersant.

En cas d’installation prouvée d’un ou plusieurs loup(s), des mesures supplémentaires seraient prises pour prévenir de nouveaux dégâts et aider durablement les éleveurs de la nouvelle Zone de Présence Permanente.

 

Des dommages indemnisés pour les éleveurs professionnels et amateurs

 

Un éleveur dont le troupeau a subi une attaque de loup peut introduire une demande d’indemnisation des dommages auprès du Département de la Nature et des Forêts (DNF).

Il faut pour cela remplir quelques conditions :

  • Le Réseau Loup a été contacté au maximum dans les 48 heures après la supposée attaque ;
  • L’éleveur, qu’il soit professionnel ou simple amateur, doit disposer d’un numéro de troupeau ;
  • Les dégâts causés par le loup doivent être directs (animaux morts et/ou blessés) et imputables à haute probabilité au loup ;
  • L’éleveur doit avoir mis en place des moyens de protection de son troupeau en cas de répétition d’attaques.

 

Faut-il en avoir peur ?

 

L’homme provoque chez le loup deux types de réaction. Apeuré ou étonné, il va soit prendre la fuite à son contact, soit l’observer quelques instants, curieux, avant de passer son chemin.

nos paysages fortement urbanisés et morcelés, les rencontres avec un loup ne sont pas impossibles. L’important est de ne pas s’affoler, de maintenir une certaine distance avec l’animal, de rester en position debout, de faire face à l’animal. Toute image de la rencontre (prise avec un smartphone, par ex.) sera utile pour vérifier l’identité l’espèce.

Une certitude : Depuis que la rage a été éradiquée et que les forêts regorgent de gibier, le loup n’est absolument plus un danger pour l’homme. Aucun loup n’a d’ailleurs attaqué l’homme en Europe de l’Ouest depuis son retour dans les années 1990.

Pour toute information complémentaire ou pour nous communiquer un indice de présence de loup => www.reseauloup.be / téléphonez au 081 / 626 420 (heures de bureau, we et jours fériés).

Pour toute information sur la protection des troupeaux : [email protected]

 

Article produit par :

Violaine Fichefet et Alain Licoppe

Cellule faune sauvage du DEMNA (SPW)